J'inspire. J'expire. Je m'étouffe. Le néant en boucle sur la platine. Parfois c'est ton prénom que je murmure, ou que je m'efforce d'étouffer. Je ne sais plus trop. Je me sens terriblement perdue. J'ai une bande cérébrale qui défile, des flashes de nous ou plutôt nos brides sentimentales qui s'étalent. Je suis toujours dans ce café, sauf que désormais il est 21h et que je bois mon 4e verre de vodka. L'alcool c'est celui qui me tient corps et âme. Le carnaval est ouvert et les gens ont se second masque que l'alcool et la fatigue infligent. Ils se tiennent par bande au comptoir, les mains houleuses et les petites veines saillantes sur le coin des tempes. Ils sont beaux, ils sont laids, ces gens là, qui oublient leurs flashes de vie dans l'éthanol. Et moi, je veux toujours être ailleurs. Je me plonge dans des univers mystiques et je change le décor pour un modèle soit imaginaire soit futuriste. Je m'en veux de réduire ma vie à 40°. Quand j'étais petite j'avais la terreur des voix ivres et tremblantes, des gestes rapides et violents et surtout des hurlements de femmes, désormais je m'en rends compte que la plupart des femmes que je rencontre finissent hystériques et que moi je suis à deux doigts de crier à m'en déchirer les poumons, prête à tout renverser ici et là et à finir d'un rire macabre. J'établis un long monologue cérébral et pourtant je ne suis pas d'accord avec moi-même. Je me sens abandonnée et pourtant, encore une fois, je suis martyr de mon propre exil.